Premier volet d’une trilogie, BROOKLYN’S LOVERS pose non pas un principe mais une invitation à l’errance géographique, historique et générique.
Les huit morceaux ici rassemblés mélangent les genres et nous font courir le monde, nous offrant des couleurs multiples, tantôt héritées de l’apprentissage classique, tantôt nourries par une curiosité insatiable, des nombreuses écoutes et pratiques de musiques diverses, latines notamment – arabo-andalouses, cubaines ou argentines -, populaires ou savantes. Ils pratiquent un jazz épris de liberté.
David Garcia ne s’interdit rien, du moment que ça sonne juste et vrai, dès lors que la musique correspond à sa part la plus intime, et qu’elle lui semble pouvoir toucher les gens ou les entraîner dans son vertige.
Le piano solo parle au cœur, le quartet davantage peut-être à la chair toute entière, mais tous les morceaux ont la même exigence : trouver ce que les mots ne peuvent dire. Sensibles, humains, ils paraissent du coup étrangement concrets ; tous parlent aux sens, à tous les sens.
Le musicien fait corps avec sa musique comme avec son instrument – une nécessité qu’il a découverte en s’adonnant dix ans durant à la guitare flamenca, et qui l’a amené à abolir la distance avec son clavier -, une évidence lorsqu’on le voit jouer. Ses complices sont pareils, il ne saurait en être autrement.
Voilà pourquoi, toute nouvelle et rigoureuse qu’elle soit, sa musique paraît si familière.